La taupinière


Post-Correspondances: le Wapikoni mobile

Je n’ai peut-être pas senti, touché, ni même vu Marc Lévy ce week-end, mais j’ai fais un tas d’autres belles rencontres et d’intéressantes découvertes aux Correspondances d’Eastman. Mon collier de plumes était de mise tout au long de l’événement, qui célébrait sa septième édition sous le thème de Nos Amériques. Le Wapikoni mobile fait partie de mes coups de coeur.

Coup de coeur, ou devrais-je plutôt dire « On aime! », pour reprendre le slogan qu’appose Archambault (Québécor étant le partenaire officiel des Correspondances) sur le cover des bouquins qui se vendent le mieux. Au programme vendredi soir, on affichait une représentation de ce fameux Wapikoni. Pour être franche, je connaissais de nom, sans plus. Dans la salle, beaucoup spectateurs prêts à dépasser leur couvre-feu, dont un ancien professeur d’écriture dramatique qui m’a enseigné à l’UQAM.

wapikoni-2Le Wapikoni mobile est une maison de production majoritairement ambulante (il compte un stuio permanent à Wemotaci) , qui propose aux jeunes des régions autochtones de réaliser un « vrai de vrai » court métrage.  Problèmes de drogues et d’alcool généralisés ne sont pas un stéréotype de ces communautés isolées: ils sont vrais. Chez les adolescents, le taux de suicide y est de cinq à sept fois plus élévé que la moyenne ailleurs au Canada. À la bonne lumière de ces tristes faits, un projet comme le Wapikoni encourage la création avant la consommation, donnant la chance aux jeunes d’explorer un nouveau domaine et, qui sait, de découvrir une passion.  Si certains courts métrages visionnés vendredi aux Correspondances d’Eastman ont fait rire et applaudir l’auditoire, d’autres auront laissé les gens bien silencieux, émus.

Ce qui m’a marqué en visionnant des bribes de l’Oeuvre wapikonienne, c’est de constater à quel point certaines réalités de notre propre province peuvent être méconnues. Les gens partent au « beecee » avec leur sac à dos, à Cuba chaque année puis en Grèce à la retraite, mais peu d’entre eux pourront affirmer connaître d’où ils viennent sur leur lit de mort. C’est – évidemment – en d’autres mots que l’a souligné Manon Barbeau, fondatrice du projet, qui était sur place pour commenter la représentation.

Comme les lecteurs de blogues sont souvent scrollbarophobes, je vous invite à visiter la page officielle du Wapikoni mobile, où vous pourrez en apprendre plus et surtout, visionner quelques courts métrages réalisés par les jeunes de notre Nord.

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Dub & Litté: le hype à Eastman

Je ne cacherai rien: coup de promo sur La taupinière en ce charmant samedi soir. Mais coup de promo d’un événement auquel j’ai vraiment hâte d’assister, « pour de vrai », donc il n’y a pas de mal: le Cabaret Dub & Litté Sound System, avec des textes de Michel Vézina superposés fusionnés aux rythmes dub de Vander.

dubMichel Vézina, c’est l’homme derrière Asphalte et vodka, La machine à orgueuil (Québec Amérique), Élise (Coups de tête, maison d’édition qu’il dirige). Un auteur qui ne mâche pas sa l’embout de son stylo Bic. Vander est un ex-bassiste des colocs, toujours bassiste, musicien multi-task et DJ globetrotter qui a collaboré, entre autres, avec le bon ami Ghislain Poirier. Vander et Vézina se réunissent sur scène avec leurs invités pour allier musique dub (produit du reggae) et littérature, aussi tight qu’ une pâte a modeler rouge mélangée à une bleue qui en donnerait une mauve. Bref, quelque chose de travaillé et d’impressionnant, d’étonnant mais surtout de détonnant (!) Le Cabaret a été présenté à beaucoup d’endroits comme Montréal, Québec, Rimouski, Joliette… la France, la Belgique, le Sénégal, Haiti. C’est le tour d’Eastman, ce samedi le 8 août à 21 h 30. Et que vous soyez étudiant, drop-out ou retraité, c’est 8 $. Contactez-moi ou attendez ma critique et mourrez – de jalousie –  sur votre chaise Ikéa.