La taupinière


C’est pas la fin du monde
septembre 3, 2009, 9:35
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Je suis une mauvaise blogueuse. En feuilletant mes anciens billets, j’ai réalisé que je n’avais jamais donné suite à plusieurs trucs. Si vous voulez une critique perso de Townships, de William Messier, ou encore du Dub & Litté, de Michel Vézina et Vander, demandez-moi. Encore une chance que je ne paie pas pour un nom de domaine (Rires, comme dirait ma mère). C’est en lisant un article de Ed Hardcore que je me suis rappelé que je voulais parler du (« critiquer » serait bien trop fort) fameux Tarmac de Nicolas Dickner et que je ne l’ai jamais fait. Quelques mois de retard, mais tout de même, je pense que j’ai encore le droit. Sinon (ou « Au pire », pour les adeptes), je me le permets.

Ceux qui me connaissent un peu (ou qui ont déjà pénétré ma chambre pour toute obscure raison) connaissent mon amour des titres. J’avoue avoir été excitée de voir que le roman de 272 pages était divisé en 97 parties titrées. J’ignore si le loupérivois (!) d’origine serait froissé de se faire catégoriser comme une « petite lecture d’été », mais il n’en fut assurément rien d’autre pour La taupe. Quatre chapitres d’un bord, quatre chapitres de l’autre. La jolie couverture matchait même avec mon – joli – bikini.

Résumé plate et Coke diet flat

Faisons bref avec le résumé que vous avez probablement lu partout: c’est l’histoire d’une fille, une ado, qui vient d’une famille un peu fuckée, ou tous les membres possèdent la faculté de prédire la fin du monde. Quelque chose comme ça. Ah oui, et sa mère est folle. Et elle fréquente un mec, avec qui elle ne couche même pas, mais bon, l’histoire se déroule dans les années 90. Ça se passait peut-être comme ça, avant.

tarmacJ’y vais rapidement, voir un peu bêtement sur le contenu, puisque j’aurai le culot de dire que je l’ai trouvé ennuyant. Bien ficelé certes, le genre d’histoire devant quoi on se dit « comment il a pensé à ça, man? », mais un peu gris. Par manque d’intérêt pour la fin du monde et toutes ces patentes-là ou par manque de profondeur, je crois que les critiques y ont été un peu fort sur l’encens. Reste que le personnage de Hope est particulièrement intéressant (mais plus ou moins attachant, elle a l’air chiante) et que j’ai adoré l’importance que prennent les nouilles Ramen dans le récit. Après tout, j’admire la plume de Dickner qui réussi à transmettre des couleurs, des odeurs, et fuck-c’est-vraiment-quétaine-ce-que-je-suis-en-train-d’écrire-mais-c’est-vrai. L’auteur fait passer la force des mots, et heureusement, devant un scénario trop froid pour moi. Résultat: mon opinion finale est bien brumeuse. Peut-être devrais-je moi aussi tenter de lire Gin tonic et concombre, question de retrouver mes repères…  

Je suis passée chez Archambault l’autre soir. Pour avoir l’air hip, j’ai mentionné à la libraire en Arts et lettres que j’avais lu Tarmac : « On dirait que j’ai trouvé ça plate, mais une force surnaturelle me poussait à continuer ma lecture. C’est weird. » « C’est parce qu’il faut lire Nikolski avant », qu’elle m’a répondu. Ah oui? J’ai – bien sûr – aimé Tarmac, sans toutefois être en mesure d’affirmer pourquoi. Ça y est; Je suis une mauvaise blogueuse et je suis, en plus, une mauvaise lectrice.

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