La taupinière


Jean Leloup : bête de scène, bête docile (BangBang)
novembre 18, 2009, 7:36
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Montréal, samedi le 14 novembre 2009 . J’allais enfin me débarrasser de cette enveloppe pure qui me collait à la peau depuis trop longtemps : je n’avais jamais vu Jean Leloup. Ah! faux, j’avais fait signer mon exemplaire de Noir destin que le mien par Massoud Al Rachid au Renaud-Bray sur Saint-Denis jadis… Passons.

Leloup vieillit et ses fans aussi. Adulescents à l’apparence soigneusement négligée et autres matantes un peu flyées marquent leur pied carré de territoire :  pas – sinon que très peu – de mineurs en vue. Dans un Métropolis plein à craquer, des effluves de sueur, de shish taouk et de digestion parfument le parterre alors que la bête n’est pas encore montée sur scène. De quoi promettre un show bien senti.

Johnny Guitar

Alors que la foule est complètement hystérique, The Wolf apparaît sur scène dans le plus grand calme, sa célèbre fourrure sur les épaules. Dès qu’il prend le micro, le monde obéit. Simple comme bonjour, il raconte l’histoire interminable de « comment ça a commencé » puis balance hit après hit, des parcelles de nostalgie extrêmement bien dépoussiérées (Faire des enfantsEdgarSang d’encre, etc.) aux petites dernières de Milles excuses Milady. Il en a même joué plusieurs de Mexico, au grand étonnement de ceux qui croyaient l’épisode Jean Leclerc oublié. Mention spéciale à la succulente version de Everybody wants to leave, ode au phénomène hip, avec ses clins d’oeil hilarants à la H1N1 et aux explorations de Guy Laliberté. Mais le coup de cœur généralisé va sans l’ombre du doute […] LISEZ LA SUITE PAR ICI

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Ça va, 8 Mile?
novembre 6, 2009, 3:49
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Je sais que les battles font partie de la culture hip hop. Et j’aime (jusqu’à un certain point/avec bon jugement) la culture hip hop. Mais les battles me laissent bien perplexe. À 16 ans, je peux comprendre. À 32, je doute.

La confrontation Jeune Chilly Chill versus Égypto (Payz Play) m’a quelque peu flabbergasté. Pendant que les forums de discussions ont des débats endiablés à savoir lequel des deux était le plus méchant, je me demande si vraiment, deux gars relativement connus qui pataugent dans le même milieu peuvent se permettre ça. Ça, comme dans des attaques personnelles, des insultes concernant leurs albums respectifs et d’autres un peu plus caca boudin. Et ils ont l’air sérieux? Et les gens des forums prennent ça au sérieux? Expliquez-moi. Mais c’est d’avantage le côté « personnalité publique » qui me bloque; on s’entend que MC Spectro Jel qui casse la gueule de  AKevin47, bof. Dire que si Payz Play avaient avait sorti un album de duos (!) avec Jeune Chilly Chill , je l’aurais acheté.

Parce que je ne suis pas Le Détesteur et que j’y vois quand même du bon : mention spéciales aux insultes petite tête sotte (Jeune) et rouxstache (Égypto). Je vous laisse avec la fameuse vidéo, dilatez-vous-la.



Les premières fois
octobre 22, 2009, 7:20
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Il fait terne, tout est morne, c’est froid. J’ai quitté mon appartement d’un pas lasse vendredi soir, direction Le Cercle, où j’allais enfin voir Navet confit pour la première fois. Les tropiques du cancer de Polipe réussiraient peut-être à me réchauffer en entrant au bar. Les mains, du moins.

Décidément, vive Québec pour ses lancements à retardement. J’aime avoir le temps d’explorer l’album avant de voir un spectacle. Enfin, je parle pour celui de Navet confit, dont j’ai fait la revue un peu plus tôt. Pour ce qui est de ses petits frères de Confiserie, j’en étais encore vierge comme une forêt. Entre les brindilles, une source anonyme révélait : « Pas de doute, Polipe joue de la musique de drogues. »

le-cercleJ’avais commencé à écrire cet article pour BanBang. Finalement, la portière n’avait pas mon nom sur sa guest list et j’ai détesté l’ambiance du Cercle. J’ai choisi de laisser faire, alors. Je n’ai pas grand chose à dire, sinon que Polipe m’a laissé de glace et que j’ai bien aimé Navet, mais ça, tout le monde s’en doutait.  La première partie semblait avoir amené ses troupes avec un (!) bus scolaire, ou quelque chose comme ça. Bref, la folie totale pour un band de hipsters déluré (ils le sont tous) dont le drummer ressemble beauoup trop à Candice, une ancienne collègue quarantenaire, pour que je puisse le prendre au sérieux. Au tour du « papire vampire » (c’est comment Le Cercle appelait le LP3 sur son site Web) et ses dauphins musiciens : pouf. Trois mecs ivres gesticulent devant la scène, mais autrement, personne ne semble se préoccuper de l’excellent spectacle. Dans un espace trop propre, ils se demandent qu’est-ce que ce gros bruit qui interferre leur tentatives de drague. Décevant.

On m’avait pourtant dit que Le Cercle, c’était comme un Téléphone rouge québécois. Le grand cousin douchebag du Téléphone, ouais. Bon, je lui laisserai encore une chance ou deux. En attendant, je reste bien frileuse.



Les Suspects à l’orange (BangBang)

De retour de mon séjour dans une Sherbrooke qui n’est plus la mienne pour le moment, sans abris . Je sais que j’ai répondu d’un « non » décidé, bien sec, quand un Suspect de service m’a demandé si j’allais écrire quelque chose sur sa soirée littéraire. Puis sur le show des Conards à l’orange. Tant qu’à avoir perdu beaucoup d’argent – et énormément de dignité – ce week-end, aussi bien balancer quelque chose…

…Sachant très bien que critiquer des gens que tu connais te fait passer pour a) une pas fine ou b) une licheuse. Puisque Dominic Tardif connaît déjà une partie de mon acerbité, je vais commencer par son cas, que j’ai analysé jeudi. Top chronologique.

Mort suspecte au Téléphone rouge

« C’est pas une soirée littéraire qui pognerait comme ça à Montréal » remarquait un ancien collègue de classe devant les 150 personnes arrivées pour la prestation des Suspects de service. Il faut dire que Mathieu K Blais, Jean-Philippe Martel et Dominic Tardif ont déjà un assez bon fanbase sherbrookois, en plus de savoir dénicher des perles d’invités. Pour leur dernière soirée littéraire (on devine qu’ils ont d’autres projets), étaient de la partie la jeune et jolie Kiev Renaud, le comédien, metteur en scène et coloré André Gélineau, le professeur, noble, hilarant et posé Patrick Nicol ainsi que le je-n’aurais-assez-de-mots-pour-décrire Martin Dubreuil a.k.a Johnny Maldoror, joueur de tambourine des Breastfeeders. De la part des hôtes comme de leurs invités, le public a eu droit à des lectures parfois drôles, parfois touchantes, bien foutues et excellentes. Mention spéciale aux poèmes culinaires de Dubreuil, qui à défaut d’être substantiels, auront failli nous faire mourir en même temps que les Suspects. Si je n’ai qu’un léger reproche à faire aux amis littéraires, c’est peut-être d’avoir tendance à abuser des inside jokes, des blagues qui sont peut-être drôles pour vos blondes, vos mères, vos groupies. (Au fond, j’aurais bien d’autres mesquineries à raconter à leur sujet, mais dire du mal des regrettés, ce n’est pas bien. Qu’ils restent en paix, donc.)

N’importe quel sous-titre sauf « Prendre son pied […] »

Samedi, il y avait le lancement Sherbrookois du deuxième album des Conards à l’orange, Le pied. « Ce que j’aime d’eux, c’est que c’est toujours un peu engagé », disait plus tôt Dominic en se tartinant de beurre de pinotte bio. J’ai sûrement répondu quelque chose du genre « Ouin, des bands qui disent des niaiseries, on en a déjà assez comme ça!», pour avoir l’air d’une mélomane hyper […] LISEZ LA SUITE PAR ICI



La taupe, bête de cirque
septembre 4, 2009, 7:24
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Je n’aime pas particulièrement le cirque. C’est d’un pas plutôt lasse que je me rendais aux Chemins invisibles, spectacle du Cirque du Cosmonaute à Québec. Je n’allais quand même pas laisser la gratuité me passer sous le nez, un peu comme on s’emplit les poches de crudités au funérailles d’une tante éloignée. Mon accompagnatrice, ancienne coloc de Sherbrooke aussi de passage dans la Capitale, m’attendait frénésiquement sur Dorchester… ignorant que je n’aime pas particulièrement le cirque.

Je suis arrivée à bon port saine et sauve (me perdre trois fois en trois jours dans Limoilou était bien assez). L’aspect underground (bon, pour quelque chose d’aussi mainstream que le CDS) du show en était un qui me plaisait : sous des bretelles d’autoroute. La foule de spectacteurs, des gens génériques, arrivait tout de même a être hétérogène. D’un côté, ceux qui en sont à leur dix-huitième représentation, et de l’autre, les n00bs qui ne savent pas où se placer.

Incohérence

Pendant quinze minutes, les hauts-parleurs crachent des sons étranges pour intriguer le clan des n00bs, dont je fais évidemment partie. Des soupirs de fumeuse à l’agonie et des bribes « poétiques » sussurées par un genre de maître du Loft. Agressant. Je lève la tête et un zombie qui tient sa tête dans sa main se trouve devant moi. (Pour celles et ceux qui ont vu les deux spectacles auxquels je fais référence, ils me rappelaient les grands personnages à petites têtes des denis Drolet.) Plus tard, un pantin en échasse me prend en photo. Si je trouve ça sur Facebook, j’actionne Guy. « Il faut les suivre? » me demande Émilie, au moment ou je note « elfes… haine!!!!! » dans mon carnet. « J’en sais rien », que je réponds, et on suit le char allégorique chargé de ces créatures qui me répugnent.

Les choses se passent

Scène un : une jeune fille s’enroule telle une couleuvre autour d’un poteau; scène deux : un Diego en chest – qui ressemble étrangement à Mathieu Berger – fait du hoola-hoop avec un cube scintillant; scène trois : l’envie de pratiquer le Diabolo me reprends, 13 ans plus tard; scène quatre : des acrobates, scintillants, se balancent très fort et ça semble plaisant.

« Avoir sû, on aurait mis nos talons hauts! », s’amusent des dames d’environ 4’6 » lorsque les tribus en spectacle se rejoignent finalement sur la scène principale. En effet, à moins d’être aux premières loges (ou d’en être à sa dix-huitième représentation et de connaître par coeur les places de choix lors de chaque changement de scène), impossible de tout voir en une seule soirée. Dommage, car si ce qui se passe au sol est à la hauteur (hoho) de ce que j’ai été en mesure de voir, ça vaut le déplacement. Et le redéplacement. Bref, je n’utiliserai pas le mot « magique » pour qualifier ma soirée mais ce fut, indéniablement, un bon – et  beau – spectacle. Le spectacle prend fin à l’île Fleurie ce week-end, mais le Cirque y renouvelle son bail pour l’été prochain.

cheminsinvisibles (Photos: Julie Brou)

Note à moi-même: les Converses auraient été plus appropriés que les botillons pointus. Une heure et demie plantée dans la garnotte, c’est pas de tout repos, et je le saurai pour la semaine prochaine, car c’est au même endroit qu’aura lieu le Festival alternatif Envol & Macadam du 10 au 12 septembre, à propos de quoi je promets – au moins – un billet ici.



Sherbrooke sans moi: les shows à venir

J’ai l’impression que c’est lorsque je cligne des yeux que les choses se passent. Septembre en est une preuve: je délaisse la Reine des Cantons pour aller gagner pain et expérience, un tout petit quatre mois, et voilà. Il pleut d’excellents shows sur Sherbrooke. À quoi bon l’amertume, amis estriens, voici un bref aperçu de ce que je manque mais que vous pourrez voir prochainement.

The Johnstones + Beatdown, mercredi 2 septembre @ Le téléphone rouge
Inauguration des mercredis à 5 $ au Téléphone rouge, et pas n’importe comment. Même si certains hipsters reprochent au genre d’être trop oldschool, The Johnstones est un band de ska ontarien bien « actualisé », à mon avis.  Un peu adolescent direz-vous, mais bon, c’est peut-être vous qui vieillissez trop. Sachez qu’il seront à Trois-Rivières le 5 et à Québec, où je serai, le 4.

Radio radio + invités, jeudi 3 septembre @ Le téléphone rouge
Comme le disait un ami en entrevue à Fais-moi la culture, « Timo qui quitte Radio radio, c’est comme si Bono quittait U2. » J’avoue que ça m’inquiète un peu, m’intrigue, surtout. Mais je ne m’empêcherais certainement par de payer 8 $ pour aller les voir, et vous jure que le show de cet hiver c’était de la bombe, jusqu’à la fermeture du bar. Au fait, ils avaient joués plein de tounes du « nouvel album »… quel nouvel album?

Guttermouth + The Real Deal + Les conards à l’orange, mercredi 9 septembre @ Les marches du palais
Tout le monde (c’est relatif) capote, avec raison, quand même. Guttermouth à Sherbrooke. La bande sonore de nos premières brosses à Sherbrooke. Autant au niveau fun qu’au niveau rentabilité de la place, je prédis la meilleur soirée des Marches depuis un sacré bail! Sans moi.

Malajube + Xavier Caféïne + Le roi poisson, jeudi 10 septembre @ Théâtre Granada
Premier de trois concerts présentés par  La rentrée Molson Dry avec un line up assez alléchant.  Quasi autant que les Cold Shots bon marché qui vous enivreront pour la soirée. (Il est possible de se procurer un laisser-passer à 23 $ pour les trois shows.)

The Planet Smashers + Subb + Pete Möss, vendredi 11 septembre @ Théâtre Granada
Après avoir été rétrogradés au stade de « band de première partie », Planet reprennent des forces. Avec Subb, ce qui, à mon avis, sonnera plus juste qu’avec Blink 182. Je n’ai rien à dire sinon que leurs passages à Sherbrooke concordent avec mes absences et que ça, ça me rend très triste.

Beast + Grimskunk, samedi 12 septembre @ Théâtre Granada
La formation électro qui a fullé le Téléphone rouge lors de son dernier passage à Sherbrooke avec « le » band  dont tout le monde avait au minimum un ami qui avait un chandail de – et qui aimait jouer au aki le regard drôlement rouge et vitreux. Pour l’absurdité de ce curieux ménage, je suis persuadée que ça vaudra la peine.



Post-Correspondances: le Wapikoni mobile

Je n’ai peut-être pas senti, touché, ni même vu Marc Lévy ce week-end, mais j’ai fais un tas d’autres belles rencontres et d’intéressantes découvertes aux Correspondances d’Eastman. Mon collier de plumes était de mise tout au long de l’événement, qui célébrait sa septième édition sous le thème de Nos Amériques. Le Wapikoni mobile fait partie de mes coups de coeur.

Coup de coeur, ou devrais-je plutôt dire « On aime! », pour reprendre le slogan qu’appose Archambault (Québécor étant le partenaire officiel des Correspondances) sur le cover des bouquins qui se vendent le mieux. Au programme vendredi soir, on affichait une représentation de ce fameux Wapikoni. Pour être franche, je connaissais de nom, sans plus. Dans la salle, beaucoup spectateurs prêts à dépasser leur couvre-feu, dont un ancien professeur d’écriture dramatique qui m’a enseigné à l’UQAM.

wapikoni-2Le Wapikoni mobile est une maison de production majoritairement ambulante (il compte un stuio permanent à Wemotaci) , qui propose aux jeunes des régions autochtones de réaliser un « vrai de vrai » court métrage.  Problèmes de drogues et d’alcool généralisés ne sont pas un stéréotype de ces communautés isolées: ils sont vrais. Chez les adolescents, le taux de suicide y est de cinq à sept fois plus élévé que la moyenne ailleurs au Canada. À la bonne lumière de ces tristes faits, un projet comme le Wapikoni encourage la création avant la consommation, donnant la chance aux jeunes d’explorer un nouveau domaine et, qui sait, de découvrir une passion.  Si certains courts métrages visionnés vendredi aux Correspondances d’Eastman ont fait rire et applaudir l’auditoire, d’autres auront laissé les gens bien silencieux, émus.

Ce qui m’a marqué en visionnant des bribes de l’Oeuvre wapikonienne, c’est de constater à quel point certaines réalités de notre propre province peuvent être méconnues. Les gens partent au « beecee » avec leur sac à dos, à Cuba chaque année puis en Grèce à la retraite, mais peu d’entre eux pourront affirmer connaître d’où ils viennent sur leur lit de mort. C’est – évidemment – en d’autres mots que l’a souligné Manon Barbeau, fondatrice du projet, qui était sur place pour commenter la représentation.

Comme les lecteurs de blogues sont souvent scrollbarophobes, je vous invite à visiter la page officielle du Wapikoni mobile, où vous pourrez en apprendre plus et surtout, visionner quelques courts métrages réalisés par les jeunes de notre Nord.