La taupinière


Les Suspects à l’orange (BangBang)

De retour de mon séjour dans une Sherbrooke qui n’est plus la mienne pour le moment, sans abris . Je sais que j’ai répondu d’un « non » décidé, bien sec, quand un Suspect de service m’a demandé si j’allais écrire quelque chose sur sa soirée littéraire. Puis sur le show des Conards à l’orange. Tant qu’à avoir perdu beaucoup d’argent – et énormément de dignité – ce week-end, aussi bien balancer quelque chose…

…Sachant très bien que critiquer des gens que tu connais te fait passer pour a) une pas fine ou b) une licheuse. Puisque Dominic Tardif connaît déjà une partie de mon acerbité, je vais commencer par son cas, que j’ai analysé jeudi. Top chronologique.

Mort suspecte au Téléphone rouge

« C’est pas une soirée littéraire qui pognerait comme ça à Montréal » remarquait un ancien collègue de classe devant les 150 personnes arrivées pour la prestation des Suspects de service. Il faut dire que Mathieu K Blais, Jean-Philippe Martel et Dominic Tardif ont déjà un assez bon fanbase sherbrookois, en plus de savoir dénicher des perles d’invités. Pour leur dernière soirée littéraire (on devine qu’ils ont d’autres projets), étaient de la partie la jeune et jolie Kiev Renaud, le comédien, metteur en scène et coloré André Gélineau, le professeur, noble, hilarant et posé Patrick Nicol ainsi que le je-n’aurais-assez-de-mots-pour-décrire Martin Dubreuil a.k.a Johnny Maldoror, joueur de tambourine des Breastfeeders. De la part des hôtes comme de leurs invités, le public a eu droit à des lectures parfois drôles, parfois touchantes, bien foutues et excellentes. Mention spéciale aux poèmes culinaires de Dubreuil, qui à défaut d’être substantiels, auront failli nous faire mourir en même temps que les Suspects. Si je n’ai qu’un léger reproche à faire aux amis littéraires, c’est peut-être d’avoir tendance à abuser des inside jokes, des blagues qui sont peut-être drôles pour vos blondes, vos mères, vos groupies. (Au fond, j’aurais bien d’autres mesquineries à raconter à leur sujet, mais dire du mal des regrettés, ce n’est pas bien. Qu’ils restent en paix, donc.)

N’importe quel sous-titre sauf « Prendre son pied […] »

Samedi, il y avait le lancement Sherbrookois du deuxième album des Conards à l’orange, Le pied. « Ce que j’aime d’eux, c’est que c’est toujours un peu engagé », disait plus tôt Dominic en se tartinant de beurre de pinotte bio. J’ai sûrement répondu quelque chose du genre « Ouin, des bands qui disent des niaiseries, on en a déjà assez comme ça!», pour avoir l’air d’une mélomane hyper […] LISEZ LA SUITE PAR ICI

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Ed n’y va pas avec le dos du couteau (BangBang)
septembre 24, 2009, 3:44
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« Critiquer Ed Hardcore sur BangBang, ça se fait tu? » Si je me posais la question, la réponse devait-être « oui ». Si cette dernière phrase n’a aucune logique, Maudits!, lui, en a – presque – une.

Je fouillais les tablettes de la littérature québécoise à la recherche du dernier Edouard H. Bond. Rien. Pourtant, les autres Coups de tête y étaient. Première hypothèse: « Ils l’ont pas bannis, toujours..? » Évidence: je cherche comme une taupe. Par chance, demander Ed hardcore, c’est très très cool. J’ai donc spotté le plus beau commis… un n00b qui n’avait visiblement aucune idée de quoi je parlais. Il a tout de même eu la gentillesse de me diriger vers la section « horreur ».

Fais-moi peur

Je tiens à dire que je n’avais lu aucun « roman d’épouvante » depuis les Chair de poule et les Frissons, par manque d’intérêt. (J’ai d’ailleurs essayé de relire Le pantin diabolique III dernièrement, c’était foutrement mauvais!) Peu importe, je devais lire Maudits!, juste parce que. Si j’allais développer une fascination pour le gore et les meurtres en série, ça, c’est une autre histoire. J’admettrai toutefois avoir pris un malin plaisir à relire les préambules de chaque chapitre: une brève description de serial killers « vedettes » de notre époque. Mesdames et Messieurs, le livre de Ed Hardcore est éducatif. En parrallèle, Lili, Bénénicte, Hugues, Vicky, Éric et Damien s’en vont à […] LISEZ LA SUITE PAR ICI



C’est pas la fin du monde
septembre 3, 2009, 9:35
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Je suis une mauvaise blogueuse. En feuilletant mes anciens billets, j’ai réalisé que je n’avais jamais donné suite à plusieurs trucs. Si vous voulez une critique perso de Townships, de William Messier, ou encore du Dub & Litté, de Michel Vézina et Vander, demandez-moi. Encore une chance que je ne paie pas pour un nom de domaine (Rires, comme dirait ma mère). C’est en lisant un article de Ed Hardcore que je me suis rappelé que je voulais parler du (« critiquer » serait bien trop fort) fameux Tarmac de Nicolas Dickner et que je ne l’ai jamais fait. Quelques mois de retard, mais tout de même, je pense que j’ai encore le droit. Sinon (ou « Au pire », pour les adeptes), je me le permets.

Ceux qui me connaissent un peu (ou qui ont déjà pénétré ma chambre pour toute obscure raison) connaissent mon amour des titres. J’avoue avoir été excitée de voir que le roman de 272 pages était divisé en 97 parties titrées. J’ignore si le loupérivois (!) d’origine serait froissé de se faire catégoriser comme une « petite lecture d’été », mais il n’en fut assurément rien d’autre pour La taupe. Quatre chapitres d’un bord, quatre chapitres de l’autre. La jolie couverture matchait même avec mon – joli – bikini.

Résumé plate et Coke diet flat

Faisons bref avec le résumé que vous avez probablement lu partout: c’est l’histoire d’une fille, une ado, qui vient d’une famille un peu fuckée, ou tous les membres possèdent la faculté de prédire la fin du monde. Quelque chose comme ça. Ah oui, et sa mère est folle. Et elle fréquente un mec, avec qui elle ne couche même pas, mais bon, l’histoire se déroule dans les années 90. Ça se passait peut-être comme ça, avant.

tarmacJ’y vais rapidement, voir un peu bêtement sur le contenu, puisque j’aurai le culot de dire que je l’ai trouvé ennuyant. Bien ficelé certes, le genre d’histoire devant quoi on se dit « comment il a pensé à ça, man? », mais un peu gris. Par manque d’intérêt pour la fin du monde et toutes ces patentes-là ou par manque de profondeur, je crois que les critiques y ont été un peu fort sur l’encens. Reste que le personnage de Hope est particulièrement intéressant (mais plus ou moins attachant, elle a l’air chiante) et que j’ai adoré l’importance que prennent les nouilles Ramen dans le récit. Après tout, j’admire la plume de Dickner qui réussi à transmettre des couleurs, des odeurs, et fuck-c’est-vraiment-quétaine-ce-que-je-suis-en-train-d’écrire-mais-c’est-vrai. L’auteur fait passer la force des mots, et heureusement, devant un scénario trop froid pour moi. Résultat: mon opinion finale est bien brumeuse. Peut-être devrais-je moi aussi tenter de lire Gin tonic et concombre, question de retrouver mes repères…  

Je suis passée chez Archambault l’autre soir. Pour avoir l’air hip, j’ai mentionné à la libraire en Arts et lettres que j’avais lu Tarmac : « On dirait que j’ai trouvé ça plate, mais une force surnaturelle me poussait à continuer ma lecture. C’est weird. » « C’est parce qu’il faut lire Nikolski avant », qu’elle m’a répondu. Ah oui? J’ai – bien sûr – aimé Tarmac, sans toutefois être en mesure d’affirmer pourquoi. Ça y est; Je suis une mauvaise blogueuse et je suis, en plus, une mauvaise lectrice.



L’érotique à la mode
août 20, 2009, 3:13
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Je déteste.*

eroticlolPlutôt, je trouve ça redondant, au même titre que le fantastique avec des elfes et leurs ennemis sur la Terre Ishmarboyaksinkis-Kaya du pôle Inexistant. Dommage que certains jeunes auteurs décident de concentrer leur plume sur un style particulier sans en déroger, particulièrement sur la littérature pseudo-érotique à la mode qui tombe souvent dans une genre de porn cheapette (à la mode). C’est comme si je décidais d’écrire des récits qui ne mettent en vedette que des oiseaux, voire que des bruants à gorge blanche.

Je ne remets pas en doute le talent de ces auteurs, bien au contraire, prenons exemple sur Mélodie Nelson, deux mots qui décorent à peu près tous les blogrolls. Elle réussi à publier par-ci par-là ses textes où la gardienne se fait licher la chatte par l’animal de la petite fille dont elle s’occupe. On est loin du Club des Babysitters, et les gens trippent, et ça marche. Perso, je préfère tomber sur une scène de cul innatendue plutôt que de lire le nom d’une ou d’un wannabe Nelly Arcan et de connaître grossièrement la suite. Vous en pensez quoi?

Commentaire inutile à m’envoyer:** J’aime pas sa lire.


** Si je suis pas mal plus gentille que Le détesteur et La clique du plateau, c’est que je ne suis pas anonyme, moi. Depuis l’attaque d’Obscene kidz et de leur gérant, je crains pour ma vie.



Dub & Litté: le hype à Eastman

Je ne cacherai rien: coup de promo sur La taupinière en ce charmant samedi soir. Mais coup de promo d’un événement auquel j’ai vraiment hâte d’assister, « pour de vrai », donc il n’y a pas de mal: le Cabaret Dub & Litté Sound System, avec des textes de Michel Vézina superposés fusionnés aux rythmes dub de Vander.

dubMichel Vézina, c’est l’homme derrière Asphalte et vodka, La machine à orgueuil (Québec Amérique), Élise (Coups de tête, maison d’édition qu’il dirige). Un auteur qui ne mâche pas sa l’embout de son stylo Bic. Vander est un ex-bassiste des colocs, toujours bassiste, musicien multi-task et DJ globetrotter qui a collaboré, entre autres, avec le bon ami Ghislain Poirier. Vander et Vézina se réunissent sur scène avec leurs invités pour allier musique dub (produit du reggae) et littérature, aussi tight qu’ une pâte a modeler rouge mélangée à une bleue qui en donnerait une mauve. Bref, quelque chose de travaillé et d’impressionnant, d’étonnant mais surtout de détonnant (!) Le Cabaret a été présenté à beaucoup d’endroits comme Montréal, Québec, Rimouski, Joliette… la France, la Belgique, le Sénégal, Haiti. C’est le tour d’Eastman, ce samedi le 8 août à 21 h 30. Et que vous soyez étudiant, drop-out ou retraité, c’est 8 $. Contactez-moi ou attendez ma critique et mourrez – de jalousie –  sur votre chaise Ikéa.



La Taupe consomme… Rock & Rose

Marie Hélène Poitras ne serait probablement pas contente si je disais que je consommais de la chick litt depuis deux mois. En fait, c’est que l’auteure prétend qu’il n’existe pas vraiment de « littérature féminine »*, ce avec quoi je suis pas mal d’accord, mais son dernier projet, Rock & Rose, ne s’adresse inévitablement qu’aux adolescentes [dans l’âme], sinon aux jeunes homosexuels.

rnrMise en contexte: Rock & Rose, c’est le nouveau hit de la collection Épizzod (quel nom coooool…) chez La courte échelle. Ouais, le même concept que les terrible Pavel, a.k.a le flop de Matthieu Simard: 12 numéros d’un quarantaine de page, un genre de feuilleton. Renaud-Bray ne tenait pas le dernier numéro, donc je suis passée le prendre au Couche-Tard. Oui oui, dans la section des romans Arlequin, les Épizzod y sont. 5$.

Résumé: histoire de deux meilleures amies, bien entendu très différentes. Simone est un peu rockeuse, Juliette est fifille. Simone fait partie d’un band depuis peu, Juliette participe à The next Sweet Cherries (haha). Mais elle fail misérablement, et je vous dis pas pourquoi, c’est trop beau. Histoires d’amourettes, histoires de chicanes, histoires de mannequin, histoires de vraie bonne musique…

Critique: … enfin! Évidemment, l’auteure balance sans arrêt des noms et des noms de bands plus ou moins émergents, puisque Rock & Rose a comme but de faire connaître autre chose que Lady Gaga à nos fillettes en fleur. Et pas de Radio Dead ou de Loco Locrassse, des pages et des pages de vrai de vrai namedropping: Malajube, Arcade Fire, Navet confit, M.I.A, Justice, Boyz Noize, et j’en passe . C’est un truc (ça, et le fait que Simone signe son journal intime: Rock!) qui peut peut-être agacer les hipsters comme nous, mais que je trouve super pour les jeunes. Le récit ne cache rien des fausses cartes, de la drogue et de l’alcool, de la sexualité, bref, d’une partie de la vraie vie des ados qui souvent, reste tabou pour les matantes qui pensent les comprendre. (Souvenez-vous comment on attendait les scènes de baise dans Un hiver de tourmente. Ben oui, pis elle le fait une fois, pis elle tombe enceinte.) Tout ça, dans un style très Marie Hélène Poitresque, un style magnifique à mon avis, qui dose parfaitement poésie et déséquilibre.

Si je n’ai qu’une bitcherie à faire, c’est que je n’aime pas les illustrations. Elles jurent avec le style. Voilà. À noter sur l’image ci-haut: la petite souris sortie de nulle part avec un coeur brisé au dessus de la tête.  Sinon, à conseiller à toutes les fans de littérature adolescente qui préfèrent le réaliste aux elfes et aux magiciens, aux hipsters-filles qui sont capable de ce dire « ok, ceci a été écrit pour les jeunes et c’est très cool », à ceux qui écoutent encore juste Les cowboys fringants (de bonnes alternatives pour vous dans Rock & Rose) et à mon ami-gay qui sent le vieux botche et la robine, échoué sur mon sofa après une nuit ridicule. Le prochain, Tatouées sur le coeur, sort le 13 juillet.

* Écoutez ceci pour mieux saisir.  Ou simplement découvrir qui est cette personne que j’admire bien, vous comprendrez.



Scandale en bikini

Entre la radio, les devoirs, le bol de pop corn, le stage non-rémunéré et le sex tape de Rémi-Pierre Paquin, je prends une minute pour vous dire que « lol, ça chiale finalement sur le cover du Biscuit chinois sorti en mai dernier. » Parce que, tsé, la fille a un bikini de viande, mais il est pas super évident non plus alors on peut aussi interpreter ça comme quoi c’est LA FILLE, la pièce de viande! (…)

Ça va de soi:  de la viande « gaspillée » et une fille peu vêtue, le chatouille-hippie par excellence. Je pense quand même pas que c’était le but de l’éditeur en développant cette idée-là. Connaissant Biscuit, je crois que c’est plutôt pour montrer qu’ils sont pas stuck up (contrairement à bien des revues, on se cachera rien) et c’est bien réussi. Ça surprend, ça fait « ouache », ça intrigue. Les anciens numéros avaient tous un petit quelque chose d’original, mais j’avouerai que celui-là, c’est le plus audacieux.

Je trouve ça beau, sympa, efficace. Vous?

biscuit chinois